de la reconstruction au futurisme

Anglais d'origine, ingénieur aéronautique de formation, Bryan Tolley travaille durant 10 ans sur des satellites, à Los Angeles. Mais il a commencé la lutherie durant ses études, après un concert impromptu avec David Monrow. Il procède à ses premiers essais de fabrication dans l'atelier de l'école d'ingénieurs. En 1974, il met un an à bâtir sa première vielle, instrument complet, son instrument à jamais préféré. Il rentre en Europe auprès de la famille de sa femme, au Pays Basque. Il refuse d'abord un travail chez Matra à Toulouse. Puis l'entreprise d'informatique qui l'emploie, ferme... Bryan décide, avec sa femme musicienne, de devenir intermittent du spectacle.

A partir d'illustrations anciennes, de peintures, de sculptures et de textes littéraires, il recrée, pour son groupe les "Troubadours d'Aquitaine" et quelques clients exceptionnels, des instruments traditionnels ou anciens. Et parfois, au gré de ses idées, il fait naître un instrument futuriste totalement original, comme sa vielle solid-body à chien électronique.

"Les instruments que je propose : vielles, cornemuses, instruments à vents, instruments à cordes, instruments du Moyen Age et de la Renaissance, instruments à percussion. Choisir un modèle est une décision difficile ! Peut-être ma spécialité est-elle de ne pas fabriquer juste une forme d'instrument. Souvent, j'exécute des commandes uniques pour mes clients suivant leurs dessins ou leurs désirs. Si l'on voulait quelque chose de plus spécifique, j'ai une nouvelle vielle électrique qui sera très bientôt finie. Elle n'est pas électro-acoustique, ni électronique, mais électrique comme une guitare électrique avec un corps solide. Pourquoi cette vielle est-elle spéciale ? Parce qu'elle a un chien, mais pas le son traditionnel d'un bourdon. Celui-ci est contrôlé par un laser/capteur optoélectronique activé par la vitesse de la roue; l'instrument est donc capable de faire des modulations sans limites...

Je passe des heures dans mon atelier et devant l'ordinateur. Les festivals comme celui de Saint-Chartier sont un bon moyen de sortir et de rencontrer les autres luthiers et musiciens. Je trouve que les festivals sont des moments d'inspiration et de stimulation."

(Texte de deux articles de "Trad" magazine)